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Ecole d'ingénieurs : les réseaux d'écoles au bénéfice des étudiants

Les écoles d'ingénieurs se regroupent de plus en plus en réseaux... enquête sur les avantages pour les étudiants

Proximité géographique ou thématique, philosophie commune ou recherche de visibilité… Pour les écoles d’ingénieurs, la logique de rapprochement répond à des objectifs différents. Du simple partenariat à la fusion, tour d’horizon des réseaux et des groupes d’écoles qui apportent une plus-value à leurs étudiants.

L’union fait la force ! Si le proverbe est galvaudé, les écoles d’ingénieurs ont trouvé le moyen de le réinventer sous des formes variées. La tendance actuelle est au rapprochement, à la mutualisation des moyens, aux ambitions communes. Elle répond surtout à un véritable besoin, qui peut se résumer ainsi : surmonter les faiblesses des écoles et gagner en visibilité sur la scène internationale. La création de grands établissements technologiques a été un sujet central du colloque de la CDEFI en juin 2010. Comme le résumait alors Cyrille van Effenterre, président de ParisTech, « les écoles d’ingénieurs françaises ont à la fois des atouts et des handicaps. Elles proposent des formations et une pédagogie de haut niveau, et elles développent des liens interdisciplinaires et des relations avec les entreprises. Ce bilan positif est nuancé par plusieurs limites : une absence de recherche de haut niveau, un manque de formation des étudiants à l’entrepreneuriat et à l’innovation, et une internationalisation insuffisante. » La question des regroupements d’établissements se pose pour surmonter ces handicaps et acquérir une visibilité mondiale. Mais le rapprochement pour le rapprochement n’a pas de sens. Des objectifs communs clairement définis et une vision stratégique partagée sont indispensables.

Des valeurs communes

En décembre dernier, l’ENSTA ParisTech et l’ENSIETA ont annoncé leur regroupement au sein du groupe ENSTA.

« Cette volonté s’appuie sur des valeurs communes et une proximité partagée, explique Yves Demay, directeur de l’ENSTA ParisTech. Les deux écoles sont depuis longtemps complémentaires dans leurs domaines d’expertise, et chacune a un intérêt : améliorer l’image de l’ENSTIA sur la qualité de son recrutement, et apporter plus de visibilité à l’ENSTA ParisTech. »

Ce rapprochement, au bénéfice d’une marque forte sur le plan national, va déboucher sur des actions communes : mutualisation de réseaux internationaux, création de formations, collaborations entre les laboratoires de recherche… Au sein de Ionis Education Group, les quatorze écoles (dont deux dédiées à la formation des ingénieurs) sont indépendantes autant par le statut que par le fonctionnement. La mise en commun est donc volontaire, au service de la visibilité du groupe et de la formation des étudiants. « Au niveau international, les contacts sont partagés et chaque école est l’ambassadeur des autres, explique Fabrice Bardèche, vice-président du groupe. Les partenariats avec les entreprises peuvent également bénéficier à toutes les écoles. » Les outils de communication et le réseau d’anciens sont aussi mis en commun, pour plus d’efficacité au service des élèves.

Mais la principale plus-value pour les étudiants concerne la pédagogie et l’offre de formation. Les directeurs sont incités à partager leurs bonnes pratiques et les retours d’expérience, ce qui permet un enrichissement pédagogique permanent. La force d’un groupe réside aussi dans les passerelles entre les écoles, pour répondre aux attentes des élèves et des entreprises. Ainsi, les étudiants ingénieurs d’EPITA ou d’ESME Sudria peuvent intégrer l’ISG, l’école de commerce du groupe, pour une année complémentaire. Pour Fabrice Bardèche, « cette voie, qui ouvre de nouvelles perspectives professionnelles, correspond au profil recherché par les entreprises : une double compétence technique et managériale. »


Favoriser la mobilité entre les écoles

Deux réseaux d’écoles prestigieuses, le Groupe des Écoles des Mines et le Groupe des Écoles Centrale, favorisent également la mobilité entre les établissements. Par exemple, un élève ingénieur en dernière année de formation peut suivre une spécialisation dans une autre école des Mines, en y passant un semestre complet. Du côté des écoles Centrale, l’ouverture disciplinaire s’appuie sur des partenariats avec plusieurs écoles de management de haut niveau, par exemple l’ESSEC, l’ESCP Paris, l’EM Lyon ou Euromed.

Les synergies pédagogiques, au sein du Groupe des Écoles des Mines, ont donné naissance à une formation continue à distance. Proposée en commun par les écoles d’Albi, d’Alès et de Douai, elle prévoit une année à distance, une année de formation présentielle dans une des trois écoles et un semestre de projet en entreprise. Pour Alain Dorison, directeur de l’école des Mines d’Alès, l’appartenance au réseau a plusieurs intérêts : la mise en commun de réflexions et de bonnes pratiques, les partenariats renforcés avec de très grandes entreprises, des partenariats internationaux portés par chaque école au nom du groupe, et une offre de spécialisations couvrant toutes les problématiques d’entreprise.

« Nous menons par exemple des réflexions avec des entreprises sur la réduction de la pollution atmosphérique, en s’appuyant sur les points forts de chaque école. » Alain Dorison remarque d’autres avantages : « Le groupe compense la taille modeste des écoles en renforçant leur influence sur le marché international. La marque Mines et les outils de coopération nous apportent un avantage concurrentiel certain. »

De la proximité thématique…

Groupes, réseaux, fédérations, associations... Derrière les termes se cachent des niveaux de partenariat et des objectifs très différents. Le tableau en présente quelques exemples mais la liste complète est bien plus longue. On dénombre aujourd’hui une trentaine de réseaux actifs. Le regroupement peut être thématique, comme la Fédération Gay-Lussac qui rassemble les 19 écoles d’ingénieurs de chimie et de génie chimique françaises. Son objectif est de valoriser cette spécialité et de proposer aux étudiants l’offre de formation la plus complète possible.

Dans le même esprit, le réseau AGORAL réunit quatre écoles formant des ingénieurs pour les industries alimentaires et biologiques. Pour AgroParisTech, l’Enitiaa, l’ENSAIA et AgroSup Dijon, les synergies concernent la recherche, la formation et la qualité des services aux entreprises. De son côté, le réseau POLYMECA, qui diplôme chaque année 1 200 ingénieurs mécaniciens, déploie de nombreuses actions pour les étudiants des sept écoles partenaires : possibilités d’échanges d’étudiants au niveau des options de 3e année, développement de l’utilisation de nouvelles technologies dans la formation, renforcement des relations industrielles, etc.

Quant à Pasc@line, les 33 écoles partenaires sont impliquées dans la promotion des formations axées sur les technologies de l’information et de la communication. Autre base du rassemblement, la proximité géographique. Cette logique correspond à l’ambition de créer des grands établissements technologiques, alors que les PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur) se multiplient ces dernières années. L’intérêt d’une collaboration régionale se ressent surtout en termes de visibilité internationale. En constituant de grands pôles d’enseignement, les réseaux peuvent développer des partenariats équilibrés avec les institutions étrangères.



… à la proximité géographique

C’est l’un des principaux objectifs d’AGERA, l’alliance des grandes écoles de la région Rhône-Alpes, avec 18 écoles d’ingénieurs représentées. Autre exemple, le campus d’innovation GIANT, qui associe plusieurs établissements régionaux (Grenoble École de Management, Grenoble INP et ses 6 écoles d’ingénieurs, l’université Joseph Fourier) et des organismes de recherche publics et privés. L’objectif est de rassembler 10 000 chercheurs, 10 000 étudiants et 7 000 emplois industriels pour répondre à trois enjeux de société : les énergies renouvelables, la bioscience et les technologies de l’information et de la communication.

La proximité géographique n’empêche pas une implantation sur plusieurs pays et continents, comme le prouve l’exemple du RMEI, c’est-à-dire le réseau méditerranéen des écoles d’ingénieurs : 66 écoles, dont 14 françaises, associant 15 pays du bassin méditerranéen. Ce très large réseau, fort de 100 000 étudiants, suit le même objectif depuis dix ans, à savoir la promotion de l’éducation au développement durable dans les formations d’ingénieurs, et sa mise en pratique globale – au niveau de la Méditerranée, mais dans le respect des spécificités locales.

On l’a compris, aucun réseau ne ressemble aux autres. À chacun ses objectifs et ses résultats, au service de la formation et de l’insertion professionnelle des ingénieurs. La coopération débouche souvent sur de belles réussites, à l’image de ParisTech, devenu un établissement public à part entière en 2007. La recherche s’appuie sur des coopérations thématiques, avec des laboratoires partagés et la présence des écoles sur le Plateau de Saclay, dont l’ambition est de devenir un campus de dimension internationale.

Pour Yves Demay, ParisTech se distingue déjà par deux développements marqués. « On peut se féliciter de la réussite du réseau à l’international, comme le prouvent trois exemples récents : la demande de l’université technique de Munich de créer un partenariat stratégique avec ParisTech, la signature d’accords de coopération avec les instituts technologiques indiens, ou l’implication dans un projet de formation sur l’énergie propre avec des universités chinoises. » Le directeur de l’ENSTA ParisTech souligne également les efforts pour harmoniser les emplois du temps et imaginer des passerelles entre les formations des 12 écoles. Avant de nouvelles formes de coopération, qui restent à inventer.



Cet article est issu du supplément éco du Parisien, du 7 février 2011

Gilles MARCHAND

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07.03.2011

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